Répondre à : [JEFF7] Le topic de la Ziq

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Anonyme
Invité

une chronique du dernier album de kickback (no surrender)

« Soit t’es né avec une bite, et tu n’es utile que si tu te comportes comme une bonne bite bien dure qui bourre des trous. Soit t’es né avec un trou, et tu ne seras utile que si tu te fais bien bourrer. Mais dans les deux cas, t’es tout seul. Oui, moi je suis une bite. C’est ça. Je suis une misérable bite. Et pour me faire respecter, il faudra que je reste toujours bien dur. »

Ce chibre est l’un des plus turgescents qui aie jamais été brandi, tu vas en garder les stigmates ça c’est juré. Faut avouer que dix ans de foutre rance resté à macérer, ça promettait un coup de trique qui allait rester dans les annales. Et la décharge n’en aura été que plus éclaboussante pour toutes les jouvencelles qui se tortillaient d’impatience en attendant cette période de défloraison. Quand le Jugement Dernier viendra, que piller, tuer et violer seront devenus des loisirs tolérés, seuls ceux qui se passeront « No Surrender » en boucle survivront. HARDCORE IST KRIEG.

Cleveland/Paris, les choses se passent, les connexions se font. Les oeillades du sieur Bessac vers la scène Holy Terror ne datent pas d’hier, mais grâce à l’apport providentiel de Toxic Harmst, six-cordiste des non-moins infamous Arkhon Infaustus et cerveau brainwashé de Diapsiquir à ses heures perdues, KKK passe au niveau supérieur. Integrity, Gehenna, Catharsis, tous à peine digérés et sitôt redégueulés dans un flot d’ultra-violence ahurissant. Le nouveau bras droit parvient à sublimer ce lourd héritage du hardcore de l’Apocalypse et y injecte sa science du riffing blackisant dégueulasse, fait suinter la mort, sème la désolation, de solis immondes qui soulèvent le coeur (« Still On The Prowl », « Warpath ») en larsens qui puent le bouc. Dégueulasses et suffocants, les coups de butoirs limite sludge (« Still On The Prowl », « Warpath », on prend les mêmes et on recommence) fleurent bien plus le concours d’apnée en station d’épuration que le bain d’argile en thalasso. Oublie pas ton pince-nez.

C’est qu’avoir eu la glorieuse idée d’aller recruter chez Arkhon Infaustus, ça paye. que Chez Hellmotel aussi d’ailleurs, les fûts se faisant allègrement laminer façon Catharsis, avec de touffues volées de gros plomb et des breaks éléphantesques (merci Mister Caste derrière la console) qui transformeront les plus gringalets des pits en tapis de sols. Mais le plus flippant, dans tout cela, ça restera la sidérante prestation de Stephen Bessac. La haine dans sa forme la plus pure, régurgitée les machoires serrées et les yeux écarquillés. Jamais entendu des hurlements qui en veulent autant à ta vie, des déchirements vocaux qui lacèrent les cieux, lézardent le sol et engloutissent toute la puanteur du monde dans des gouffres béants. Un putain de karcher chargé à la gueule de bile. Converge avec Satan à la gratte et Charles Manson au chant. Et le pire dans tout ça, c’est qu’une telle débauche de haine viscérale dégage une intensité d’une majesté à en chialer, laissant entrevoir, derrière le dégoût, le désespoir (« Deathlust » et ses 30 premières secondes ultimes, « Warpath »).

Onze foutus coups de poignards dans le dos qui rendent leur passion 150 fois plus meurtrière que jamais. « Que le hardcore français repose en paix » nous clame la réclame, et effectivement, « No Surrender » vient rappeler pourquoi le Triple-K a toujours enterré n’importe quel groupe de Morsay-core, aussi bien au niveau de leurs horizons musicaux (Holychaoticambiantpostsludgyblackcoreterror, tu peux pas test’) qu’extramusicaux (les clins d’oeils à Gaspar Noé et son « Seul Contre Tous » via la cover et le sample de « No Surrender », les écrivains et penseurs nihilistes repris dans le livret…). Kickback sonne plus « épanoui » qu’il ne l’a jamais été, arrivant à être aussi nauséeux dans la forme que dans le fond, et vient d’atomiser les limites de tout ce qui s’est fait en réellement malsain jusqu’à présent avec un album d’une sauvagerie et d’une crudité sans précédent. Finalement, « No Surrender », c’est comme subir un baptême du postérieur dans des douches de zonzon. Tu subis cette souillure plus qu’autre chose, ça te remue les intestins à t’en coller la gerbe, mais bizarrement tu te surprends à en redemander derrière. Plus gros album d’enculés de ces dernières années.

pour info, KKK c’est juste pour ecrire plus vite KicKbacK

elle me donne bien envie cette chronique 😈